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60 milliards d'euros de dépendance fossile : « La France doit tenir ses engagements énergétiques pour renforcer sa souveraineté économique »

10 février 2026

Temps de lecture: 5 min

Alors que tout le secteur attend la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie sans délai, 13 fédérations majeures du secteur de l'énergie en France, soutenues par 100 chefs d'entreprise, appellent à réaffirmer la priorité nationale donnée à la sortie de notre dépendance aux énergies fossiles.

Aujourd'hui encore la France est largement dépendante aux importations d'énergies fossiles qui représentent 60 % de notre consommation d'énergie et 60 milliards d'euros de dépenses annuelles, tout en provenant d'Etats dont les intérêts stratégiques coïncident rarement avec les nôtres.

Cette situation expose durablement nos entreprises aux crises, aux risques de pénurie et à la variabilité des coûts. Elle nous place dans une situation de vulnérabilité politique et économique, comme la crise de 2022 liée à la guerre en Ukraine l'a brutalement montré. Les évènements récents en lien avec le Venezuela ou le Groenland font craindre une escalade des tensions liées à l'appropriation des ressources fossiles.

Le défi des écarts de prix de l'énergie.

Toutes les grandes puissances mondiales s'y préparent, mais la France et l'Europe hésitent : le choix fait depuis plusieurs années de mettre en oeuvre une transition énergétique, adossée à une production d'électricité bas-carbone et largement domestique, combinée à des molécules vertes et décarbonées, nous permettrait pourtant d'être à la hauteur des défis actuels.
Face à cela, les écarts de prix de l'énergie selon les régions du monde pèsent sur la position concurrentielle de l'industrie européenne et sur la viabilité économique des investissements bas carbone.

Comment alors accélérer la sortie de notre dépendance aux énergies fossiles, et ainsi offrir des perspectives de stabilité, de prévisibilité, voire de baisse des coûts pour les consommateurs comme pour les entreprises ?

Quatre priorités

Nous, chefs d'entreprises, dirigeants économiques et investisseurs, réaffirmons l'urgence de sortir des hésitations, de nous redonner de la visibilité pour soutenir ces investissements essentiels à notre avenir et de réaffirmer le chemin de la souveraineté énergétique de notre continent. Cette ambition est possible et crédible avec une programmation énergétique fondée sur quatre priorités :

  • Accélérer le développement des filières industrielles stratégiques pour notre souveraineté, via des investissements publics et privés, en permettant notamment la préférence européenne, afin de réduire notre dépendance aux chaînes de valeur extra-européennes, notamment la production de batteries, d'hydrogène renouvelable et bas-carbone, les systèmes de stockage, les solutions de production et de consommation d'énergie électrique et de molécules renouvelables, ainsi que le recyclage et le réemploi des métaux rares.
  • Accompagner 100 % des entreprises dans la bascule du fossile vers les énergies décarbonées, notamment en baissant la fiscalité de ces dernières et en améliorant l'efficacité énergétique. Ainsi, nous pourrons éviter d'exposer nos entreprises à des variations de prix extrêmes en cas de crise.
  • Equiper tous les territoires d'infrastructures et réseaux permettant la transition énergétique, garantissant l'accès équitable et en proximité de nouveaux services et usages pour les citoyens et les entreprises (décarbonation des mobilités grâce à des transports collectifs et des solutions de recharge adaptées, énergies renouvelables et réseaux de froid et de chaleur, rénovation énergétique…).
  • Promouvoir une Europe de l'énergie performante, où la souveraineté nationale s'appuie sur un marché européen résilient, des interconnexions efficaces, une coopération renforcée et un système électrique flexible, tout en utilisant le marché carbone pour soutenir la transition intérieure et protéger la compétitivité européenne.

En réduisant notre dépendance aux énergies fossiles et en tirant parti au maximum de notre production énergétique décarbonée comme source de puissance économique et stratégique, la France, adossée à une Europe déterminée et pragmatique, pourra transformer ses ambitions en actions, avec clarté et détermination.

Pascal Demurger est coprésident du mouvement Impact France.

Christian Buchel est président de l'Union Française de l'Electricité.

Bernard Fontana est PDG d'EDF.

Catherine MacGregor est directrice générale d'Engie.

Estelle Brachlianoff est directrice générale de Veolia.

Xavier Girre est directeur général de Suez.

Marianne Laigneau est présidente du directoire d'Enedis

Jean-Charles Colas-Roy est président de Coénove.

Stéphane Dedeyan est président du directoire de La Banque Postale.

Thierry Déau est directeur général de Meridiam.

Anne-Catherine de Tourtier est présidente de France renouvelables.
Jules Nyssen est président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Cristian Montoya est directeur général d'Ekwateur.

Albert Codinach est président d'elmy.

Thomas Labergère est directeur général d'ING France

Aurélien de Meaux est PDG d'Electra.

Cette tribune est signée par 11 fédérations majeures du secteur de l'énergie en France, soutenues par 100 chefs d'entreprise. La suite des signataires est à consulter en ligne.

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